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<title>dimanche 27 décembre 2020 - Elsif.fr</title>
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<article>
<h1>dimanche 27 décembre 2020</h1>
<p>Et si <a href="https://lespiedsdanslecode.org/">les pieds dans la code</a> c’était pour construire une série doutils pour apprendre à programmer (lecture de code, analyse de pattern, …) et que je gardais le nom « rookie club » pour le club des personnes qui se retrouve pour apprendre la programmation ensemble ?</p>
<p>Je pourrais libérer le serveur de /ut7 et leur demander un transfert du nom de domaine…</p>
<p>Laissons quelques temps passer là dessus avant de prendre une décision. De toute façon, jimagine que cest un peu les vacances chez /ut7 :)</p>
<hr />
<p>À lire ? <a href="https://www.lalibrairie.com/livres/vivre-sans----institutions-police-travail-argent-----conversation-avec-felix-boggio-ewanje-epee_0-5447895_9782358721714.html">Vivre sans ? institutions, police, travail, argent…</a> Vivre sans ? de Frederic Lordon</p>
<hr />
<p>Note de lecture <a href="https://www.lelabo-ess.org/penser-par-soi-meme-guide-de-resistance-par.html">Penser par soi-même</a> de Harald Welzer</p>
<blockquote>
<p>Dans son livre <em>Effondrement</em>, Jared Diamond montrait à quoi est dû l’échec historique de sociétés telles que celles des Mayas, des Vikings du Goenland ou des Pascuans. De tels échecs avaient une caractéristique commune qui réside dans le fait quau moment où lon a pris conscience que les conditions de survie devenaient précaires, on a commencé à mettre en place toutes les stratégies dintensification qui avaient fonctionné <em>jusqu’à là</em>.</p>
</blockquote>
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<p>On procédait daprès lexpérience, mais celle-ci nest daucune aide quand les conditions ont changé. Lexpérience devient alors un piège. De nouvelles conditions de survie appellent de nouvelles stratégies de survie.</p>
</blockquote>
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<p>Lobjectif de ce livre est de remédier à cette vision en tunnel. Son titre « Penser par soi-même » fait naturellement référence au programme de Kant de « la sortie de lhomme hors de l’état de minorité dont il est lui même responsable » ; pour cela, lhomme doit penser par lui-même.</p>
</blockquote>
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<p>Si lon demande où les systèmes totalitaires ont puisé les forces qui leur ont permis dorganiser le monde, au moins pour un temps, selon leur idéologie, c’était avant tout dans la destruction de relations sociales établies.</p>
</blockquote>
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<p>Il se pourrait que le totalitarisme daujourdhui se manifeste justement sous les traits de la liberté : pouvoir, à tout instant, avoir et être tout ce que lon croit vouloir avoir et être. Il nexiste quun seul système de régulation qui limite cette liberté : le marché. Car contrairement à ce que présente 1984, on na plus besoin dune instance de surveillance qui contrôle et intervient sur les désirs et les mouvements des individus quand ils deviennent dangereux. Nul besoin de Gestapo ni de Tchéka ; à l’ère de Google et de Facebook, chaque internaute livre délibérément toutes les information s nécessaire sur lui, sans que personne ne ly force.</p>
</blockquote>
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<p>Aujourdhui, nous navons pas encore affaire à la destruction du contexte social, mais le potentiel est énorme. Et si ce diagnostic se révèle juste, alors la résistance est une nécessité absolue. Il faut sopposer à la destruction des bases de notre subsistance future, à lextractivisme, et, surtout, à lappropriation du tissu social. Résister à labandon volontaire de la liberté. Résister à la bêtise. Résister à la tentation de dire tout simplement : « CE nest pas bien grave, ça ne dépend pas de moi. »</p>
</blockquote>
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<p>Tandis que les familles moyennes économisaient autrefois pendant longtemps avant de pouvoir soffrir une nouvelle armoire, quil faisaient faire ou quils achetaient chez un marchand de meubles, il sagit à présent darticles à emporter et à jeter. Dun point de vue écologique, ces pseudo-meubles à durée de vie courte ne sont pas une catastrophe uniquement parce quon les jette après usager : pour les fabriquer, on utilise beaucoup plus d’énergie, de matériaux et de transports que pour nimporte quelle armoire menuisée.</p>
</blockquote>
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<p>On a utilisé au cours du seul XXe siècle plus d’énergie quau cours de toute lhistoire de lhumanité. Pendant ce même laps de temps, l’économie est devenue quatorze fois plus importante et on a multiplié la production industrielle par quarante.</p>
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<p>La différenciation fonctionnelle des sociétés fondées sur la division du travail a fait émerger un type dindividu très adaptable, capable de se conformer facilement à des exigences de rôles changeantes et souvent très contradictoires, que ce soit dans le cadre de son travail, de sa famille, dun club, de ses relations amicales, etc.</p>
</blockquote>
<p><em>après avoir évoqué des soucis sociaux et une histoire de circuit de formule 1 au Bahreim</em> &gt; Le Bahreim est un microscope. Il présente la mécanique des relations sociales fondamentales à l’ère de la mondialisation : un consumérisme totalitaire dénué de tout besoin naturel, dont les instigateurs sont capables d"influencer des économies ou des États entiers et poussent les gouvernements à organiser ou soutenir lempêchement ou la répression de contre-pouvoirs.</p>
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<p>Les contestataires sont des consommateurs en puissance, et cest pourquoi aucun acteur de l’économie na fondamentalement quoi que ce soit à leur reprocher.</p>
</blockquote>
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<p>Cela fait longtemps que les conflits idéologiques nont plus dobjet, ce qui explique que ces indignées ne sont pas des opposants, et nont pas besoin d’être combattus. Il ny a aucun motif dhostilité.</p>
</blockquote>
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<p>Lesthétique de la fragilité a été un opposant chétif à la conception consumériste de la liberté : cest lorsque le bloc de lEst sest effondré de manière si peu spectaculaire, comme si lhistoire navait fait que lâcher du vent, que la mondialisation a vraiment démarré sous forme de luniversalisation de l’économie de croissante capitaliste. Et jusqu’à maintenant, elle entraîne une surexploitation des ressources si terrible quil semble évident que, dans deux ou trois décennies, elle aura détruit ses propres conditions de fonctionnement. Une telle économie est au plus haut point non économe, car pour se maintenir en vie, elle a besoin de toujours plus de matériaux pour produire toujours plus de produits toujours plus chers pour toujours plus de gens avec toujours plus de besoins.</p>
</blockquote>
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<p>Mais lhistoire nous enseigne que la vérité est une question de consensus social et que les hommes croient encore aux choses les plus absurdes à partir du moment où tout le monde y croit.</p>
</blockquote>
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<p>La seule ressource quil reste pour produire de la valeur ajoutée à l’échelle mondiale, cest lavenir. La culture du «toujours de tout » exploite lavenir de ceux qui auront la malchance de naître après vous.</p>
</blockquote>
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<p>Cest ainsi que les concepts dune croissance fondamentalement illimitée et de limportance de l’énergie, nés de la révolution industrielle, se sont aussi traduits dans notre conception de nous-mêmes. On peut appeler cela « lindustrialisation profonde » : tout comme les sites de production, les routes, les centrales, les centres commerciaux, lalimentation électrique, etc. structurent notre monde extérieur, les concepts de lexpansion illimitée déterminent notre vie intérieur.</p>
</blockquote>
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<p>Lindustrialisation profonde implique également une modification de la perception du temps. La mesure industrielle a créé un rythme régulier entre temps de travail et de repose, indépendant des saisons et des cycles agricoles. Au XXe siècle, les moyens de locomotion à vapeur provoquèrent une industrialisation du temps et de lespace - une accélération constante du déplacement dans lespace, une augmentation permanente de la mobilité et de la vitesse qui se poursuit encore aujourdhui.</p>
</blockquote>
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<p>Linvention de l’école en tant quinstitution d’éducation et de formation pour tous les membres dune société représente également un développement des premiers pays industrialisés dans lequel la fonction éducatrice et disciplinaire était mise en avant au même titre que la transmission du savoir. On y enseignait chaque vertu qui, comme la ponctualité, la propreté, le soin, lordre, etc. était imprégnée dun caractère social exploitable dans les sociétés basées sur la division du travail,, cest-à-dire qui soit compatible en toutes circonstances à une cadence imposée. Il ne faut également pas sous-estimer un des effets de la scolarisation qui résidait dans la reproduction des rapports de concurrence et de compétitivité, ainsi que la mesure des performances individuelles par les systèmes de notation. Et tout cela survit encore aujourdhui : non seulement les taux de scolarisation et dalphabétisation sont devenus lindicateur principal du «développement », mais la déstructuration de tous les aspects de lapprentissage et de la formation par des critères de performance mesurables sont depuis Bologne et le G8, plus que jamais en vigueur. Aujourdhui, les écoliers, écolières, étudiants et étudiantes ne peuvent même plus imaginer quil puisse exister des modes de formation sans objectif et sans évaluation, ni des carrières sans compétition ni points de performance.</p>
</blockquote>
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<p>La révolution industrielle, la division du travail, la pédagogie, lindividualisation et la biographisation, luniversalisation de la notion d’énergie… Tout cela contribue finalement à transformer de façon extraordinaire le substantiel en une simple succession d’étapes : chaque processus de fabrication nest que le précédent du suivant, chaque produit nest quun premier avant un deuxième, chaque phase de fabrication nest quune étape dune interminable chaîne de répétition. On natteint jamais dobjectif, mais largent est multipliable à linfini et le potentiel de productivité illimité.</p>
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<p>Il ne sagit pas simplement dun problème cognitif que lon pourrait résoudre par lexplication et la raison, mais de linertie de lhistoire et de lenvironnement.</p>
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<p>Cest précisément là que la raison se heurte à ses propres limites, car elle na accès qu’à la partie cognitive de notre capacité dorientation. Lautre partie, bien plus vaste, qui sarticule autour de routines dinterprétations et de références inconscientes - sociologiquement parlant : lhabitus - en est parfaitement protégée.</p>
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<p>Tant que nous ne pourrons pas enclencher quelque chose contre cette histoire, nous ferons toujours partie delle.</p>
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<p>Le fait que le problème provienne de lacheteur du carburant fossile, et non du producteur, qui espère que la matière première qui représente son fonds de commerce dure encore longtemps, sefface dans la routine de la gestion de crise. Cela se produit selon un schéma répétitif dans lequel les dégâts <em>visibles</em> estompés par lintervention daides professionnelles comme bénévoles et, enfin, bien que le scandale daprès et celui dencore après aient déjà éclaté, laffaire débattue dans des bataille juridiques sur la responsabilité et le dédommagement.</p>
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<p>Changer pour un autre fournisseur nest donc pas une stratégie ; la vrai stratégie réside uniquement dans le renoncement au tout dernier téléphone portable. Mais pour la très grande majorité des consommateurs et consommatrices, ce renoncement est hors de question, ce qui montre bien que la moralisation et la politisation du produit et de ses fabricantes sont limitées au scandale et naltèrent le comportement de consommation que sur le court terme.</p>
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<p>La concurrence règne aussi dans l’économie de lattention, même parmi les organisations à qui on délègue la protestation (Green Peace, Food Watch, etc.), et certaines protestent tout simplement mieux que dautres.</p>
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<p>La théorie selon laquelle la régulation des marchés, et donc probablement leur orientation vers davantage de durabilité, dépendrait du consommateur se révèle alors logiquement erronée. Dans la mesure où le citoyen consommateur <em>doit</em>, dans lexercice même de son pouvoir stratégique, se soumettre aux lois du marché, il ne pourra jamais occuper une position dorganisation. Cest la raison pour laquelle il devrait plutôt être citoyen politique et fixer les règles du marché.</p>
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<p>On voit alors que le consumérisme a le potentiel dabsorber toute contestation - mais le capitalisme en a toujours été capable, et la seule chose qui m’étonne est quon lait en grande partie oublié jusqu’à aujourdhui. À titre dexemple : le très déterminé mouvement anarchiste punk et son groupe phare, les Sex Pistols, ont dû faire, il y a quelques dizaines dannées, lexpérience déterminante de limmense adaptabilité de lappropriation capitaliste lorsquils ont constaté l’épatante vitesse à laquelle leur symbole a été transformé en accessoires de mode estampillés Gucci ou Versace, rendu commercialisable et donc tout à fait dénué de critique.</p>
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<p>Plus la balance penche en défaveur du demandeur, plus le prestataire peut se réjouir de ma situation pour son commerce. Cest pourquoi la faim est aussi bonne pour les affaires.</p>
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<p>Un mouvement social ne peut gagner que sil rassemble des représentants de tous les groupes sociaux, même si à lorigine ils navaient pas dintérêt crucial pour les revendications particulières de linitiateur. En dautres termes : le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis a gagné à linstant où tous les groupes sociaux se sont approprié ses revendications ; labolition de lesclavage devient possible à partir du moment où elle devient laffaire de ceux qui ne sont pas esclaves eux-mêmes.</p>
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<p>La sensation de détenir un pouvoir, renforcée par lappartenance à une communauté, et lexpérience de linsubordination à lautorité permettent de prendre conscience que <em>tout peut être autrement</em> quand on sen donne les moyens. Une telle expérience est un poussant bastion contre lindifférence. En psychologie, on appel cela lauto-efficacité.</p>
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<p>De cet éloignement de lutopie découle un manque de réflexivité total : si je ne vois que les dégâts causés par les entreprises de pêches ou chimiques, joublie très vite que les poissons quon capture et les savons quon produit sont destinés à un marché dont je fais partie. Cette vision des choses a lavantage de me permettre didentifier les problèmes <em>là où je ne me trouve pas</em>, ce qui mautorise, après avoir démonté les anomalies, à poser très dignement des exigences qui ne remettent pas ma propre position en cause.</p>
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<p>Une fois de plus, la foi en la technique se révèle être une partie du problème quelle prétend résoudre. Et une fois de plus, cela ne vient pas à lencontre dune utilisation sensée de la technique, assurément nécessaire à une modernité durable, mais cela montre que le sens et lutilisation de la technique dépendent de la culture au sein de laquelle on y recourt.</p>
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<p>On ne peut pas mettre fin à lextactivisme avec des accords internationaux, pas même avec la géo-ingénierie ou louverture dun nouveau marché : on ne peut le combattre quen réduisant la consommation. Comme il sagit dune pratique sociale, elle ne pourra être remplacée que par une autre pratique sociale. Et cest précisément là que le problème devient politique.</p>
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<p>Cest pourquoi le travail dans ces organisations (celles qui doivent apprendre à gérer linattendu) consiste principalement à faire en sorte que ces événements <em>ne se produisent pas</em>. Cest aussi pur cela que toute une série de phénomènes auxquels on accorde de la valeur dans dautres organisations deviennent ici problématiques : toute forme de routine est un problème, car elle réduit la sensibilité aux difficultés qui se présentent. Lexpérience est contre-productive car elle induit lanticipation dun événement par assimilation à quelque chose qui sest déjà produit et quon va donc considérer et traiter comme dhabitude.</p>
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<p>Lexpérience en soi nest pas une source de compétences car les hommes répètent très souvent les mêmes expériences sans véritablement essayer de faire évoluer ces répétitions en nouveautés. Karl Weick</p>
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<p>Lexpérience peut devenir un piège si lon rencontre une situation qui ressemble à un événement vécu, mais dont la nature est en réalité tout à fait différente.</p>
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<p>Lexpérience est donc utile si elle est appliquée à des événements similaires à ceux dont on a déjà fait lexpérience. La plupart du temps elle se révèle en revanche trompeuse si lon souhaite anticiper avec précision des événements sans précédent.</p>
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<p>Pour gérer limprévu, il faut avant tout développer des capteurs qui signalent larrivée dun événement qui dépasserait immédiatement les mesures routinières. Cela veut dire quil faut se méfier de lexpérience et toujours considérer ce qui arrive dun œil nouveau.</p>
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<p>Il sagit également de ne pas gérer linattendu en ayant recours à des recettes éprouvées, mais de rassembler le plus rapidement possible les compétences les plus variées qui pourraient participer à lanalyse et à la description dun problème. Car bien souvent il sagit simplement de savoir à quel problème on est confronté.</p>
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<p>tout comme lexpérience peut savérer un désavantage et les plans problématiques, les erreurs ne sont plus mauvaises mais deviennent des sources dinformation cruciales.</p>
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<p>Alors quon tente habituellement d’éviter lerreur et, une fois quelle sest produite, de la dissimuler, on va considérer ici quelle a beaucoup de valeur : les employés des organisations à haute fiabilité qui pointent des erreurs ne se voient plus mis au placard, mais distingués.</p>
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<p>La précaution est fondée sur le constat que le savoir et lignorance se développent ensemble. Lorsque lun grandit, lautre grandit également. Les personnes précautionneuses acceptent leur propre ignorance et sefforcent den combler les lacunes, car elles savent bien que chaque nouvelle réponse soulève une multitude de questions. Le pouvoir dune orientation précautionneuse réside en ce quelle fait passer son attention de lattendu à linsignifiant, de linformation confirmée à la preuve du contraire, de lagréable au désagréable, de la certitude à linconnu, de lexplicite à limplicite, du factuel au probable, du consensus à lopposition. Précaution et actualisation effacent les angles morts qui se développent dans la perception, car les hommes ont trop confiance en leurs attentes Karl Wieck &amp; Kathleen Sutcliffe</p>
</blockquote>
<p>Japprécie lhistoire, un peu longue à retranscrire ici, dun hypothétique site de vente en ligne de matériel de bricolage qui, au lieu dessayer de vous vendre la perceuse plus au moins 3 ou 4 autres produits se retrouve à vous faire louer une perceuse à un voisin :)</p>
<p><em>Une histoire courte à publier à part ?</em></p>
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<p>Un art de vivre pour bientôt</p>
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<p>Votre perceuse à percussion est cassée. Vous allumez votre ordinateur et cliquez sur otto.de pour voir les offres du moment. À votre grande surprise, pas un produit ne saffiche après que vous avez tapé « perceuse » dans le moteur de recherche. Au lieu de cela, on vous demande : « Pourquoi voulez-vous acheter une nouvelle perceuse ? » Étonné, vous répondez : « Parce que la mienne ne fonctionne plus. » Question suivante : « Quel est le problème ? Il est sûrement possible de la réparer. » Quand vous répondez que lappareil ne marche tout simplement plus du tout, otto.de vous indique une liste dadresses : « Nous vous recommandons les mécaniciens suivants qui se trouvent dans les environs et travaillent en partenariat avec Otto. Souhaitez-vous que nous prenions contact avec un réparateur ? » Vous répondez : « Non ! Je voudrais voir les produits. » Sur ce, voilà enfin a liste des perceuses disponibles, comme vous laviez demandé dès le début. Celle qui semble la meilleure est un tout nouveau modèle de chez Bosch, un perforateur avec bonne force de percussion, avec les plus basses classes acoustique et énergétique. 319 euros. Bon, on nachète pas ce genre de choses tous les jours. On la prend ? On la prend. Mais au lieu denvoyer loutil dans votre panier après avoir cliqué, otto.de vous demande à nouveau : « Combien de fois par an en moyenne avez-vous besoin dune perceuse ? » Vous réfléchissez, cest une bonne question. Eh bien, quatre ou cinq fois, peut-être. Doucement, vous vous laissez intriguer par la suite. Otto vous fait savoir que « nos conseillers et conseillères estiment quil nest pas intéressant dacheter un tel outil pour lutilisation que vous en faites. Quelquun dans votre voisinage a récemment acheté une machine similaire et sest inscrit sur la liste des prêteurs. Vous pouvez lui emprunter sa perceuse ». De mieux en mieux, pensez-vous. Mais qui prête donc sa machine ? « Souhaitez-vous choisir cette option ? Souhaitez-vous obtenir ses coordonées ? » Bien sûr que vous voulez ses coordonnées, par simple curiosité maintenant. Otto acture 3,95 euros pour la médiation, un prix honnête. Il propose également de venir chercher le produit défectueux gratuitement. Vous venez d’économiser 315,05 euros. Et on vous débarasse dun objet encombrant. Sur votre écran saffichent les coordonnées du prêteur. Näumann ! Je savais bien quil avait tout, pensez-vous. Cest parfait, cela fait un moment que je voulais papoter avec lui. Sa femme est si gentille. Vous cliquez sur « Finaliser ». L’écran affiche : « Merci davoir choisi Otto ! Les personnes qui nont pas acheté la perceuse que vous avez consultée nont pas non plus acheté les articles suivants : visseuse électrique Bosch PX 17, disqueuse Black &amp; Decker WS 34/3, boîte à outils Konfix XL. » Elle est bien cette histoire, non ? Elle pourrait se passer dans un monde qui ne concentre plus son intelligence sur la multipication des produits, mais dans leur utilisation : lintelligence sociale.</p>
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<p>Jai un petit doute sur « elle est gentile sa femme ». Soit il y a une forme dhumour, de dérision de notre société patriarcale, soit cest déplacé et inutile. Ça nenlève rien à lintérêt du scénario heureusement.</p>
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<p>Cette capacité dadaptation évolutive si pratique des hommes les empêches pourtant de se rendre compte du déclin : ils nont pas de point de référence qui leur permettrait de remarquer automatiquement que, <em>maintenant</em>, quelque chose a changé radicalement. Car la perception sajuste constamment pour en arriver à ce résultat qui se confirme de lui-même : pas de danger, rien na changé.</p>
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<p>Japprécie ce dernier tier du livre où lon explore deux scénarios danticipation lun positif, lautre négatif… Cest intéressant de se projeter.</p>
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<p>Dans la mesure où le mode de vie humain est absolument coopératif, lidée que lhomme se fait de l’économie, du behaviorisme, mais aussi de la théorie philosophique de laltérité, est fausse. (…) Le cerveau humain est fait pour fonctionner en coopération, cest un <em>organe relationnel</em> bioculturel qui ne se développe quen interagissant avec dautres individus. Alors que la plupart des êtres vivants non humains naissent avec un cerveau presque mature, avec des programmes comportementaux et des modèles de réaction prédéfinis qui leur permettent de survivre, les hommes viennent au monde avec un cerveau tout sauf complet. La maturation organique dune seule région ou dune seule fonction du cerveau dure chez lhomme jusquau début de l’âge adulte. Le développement de larchitecture de transmission neuronale se fait tout au long de la vie. Cela signifie que le développement du cerveau humain se fait toujours dans des circonstances culturelles. Lenvironnement dans lequel a lieu le développement et les capacités que les sociétés ont développées à un moment donné entrent dans lorganisation des connexions synaptiques dun cerveau humain en développement. Les cerveaux humains ne se conjuguent pas au singulier, ils ne se forment quau sein dun réseau composé dautres cerveaux.</p>
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<p>Limage que nous avons actuellement de nous-mêmes est la conséquence dun malentendu culturel : évidemment, une société fondée sur la division du travail, qui transforme ses membres en spécialistes super productifs, a besoin dindividus qui ont une image égocentrique, compétitive et individualiste deux-mêmes. Plus ces images deviennent individualistes dans le processus de la civilisation capitaliste, plus la culture saxe sur la consommation, car consommation est distinction.</p>
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<p>Les communautés de pratique sont des groupes qui partagent un intérêt ou une passion pour quelque chose et qui apprennent ensemble à mieux la pratiquer. Définition du créateur du terme « communauté de pratique » Étienne Wenger Tous les groupes qui travaillent sur un exercice déterminé dans le cadre dun processus dapprentissage commun peuvent donc être désignes par le terme de communauté de pratique.</p>
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<p>Les communautés de pratique apportent à leurs membres un profonds sentiment positif d<em>auto-efficacité</em>, un sentiment quon ne ressent que lorsque lon a réussi à faire bouger quelque chose.</p>
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<p>Moins un groupe repose sur lapprovisionnement par autrui pour affronter les problèmes, les situations durgences ou les catastrophes, plus il est résilient, et plus il lui sera facile de développer de tels systèmes dassistance et de soutien. Cela se traduit par lexemple dune coopérative rurale du Costa Rica qui compte parmi les prestations sociales quelle fournit aux agriculteurs un accès à Internet et à des logiciels gratuits, qui leur permettent de contrôler leurs stocks, de trouver des fournisseurs ou sous-traitants, ou leur évite des déplacements aux bureaux administratifs qui leur coûtent du temps de travail. Et tout cela sans que les agriculteurs disposent de connaissances formelles ou informatiques : « Quelquun qui travaille aux champs comprend très vite quil est bien plus intéressant de gérer lui-même ou de faire gérer par la communauté ses semailles et ses logiciels plutôt que par un tiers. Lidée de travailler avec des outils qui ne réduisent pas notre potentiel, qui sont gratuits et qui fonctionnent bien et rapidement même sur de vieux ordinateurs reste comme toujours une option séduisante »</p>
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<p>La philologue Adriana Sanchez, qui travaille pour la coopérative, ajoute la combinaison à première vue inhabituelle du simple travail de la terre et du développement de logiciels aux connaissances locales, ce qui contribue encore une fois à la résilience de la communauté. Cest également un bon exemple de la manière dont les formes de sociétés traditionnelles peuvent poursuivre leur développement grâce à des outils modernes. On notera que cest la culture locale qui détermine lusage de la technique, pas linverse.</p>
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<p>Le retour des coopératives est une étape importante vers une modernité durable car elles sont fondées non pas sur une utilisation privée des ressources, mais sur une utilisation commune.</p>
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<p>Les 12 principes dune resistance réussie 1. Tout pourrait être autrement. 2. Il ne dépend que de vous de faire bouger les choses. 3. Alors prenez-vous au sérieux. 4. Arrêtez d’être daccord. 5. Résistez à chaque fois que vous n’êtes pas daccord. 6. Vous disposez dune énorme marge de manœuvre. 7. Élargissez votre marge de manœuvre là où vous êtes et là où vous avez de linfluence. 8. Contractez des alliances. 9. Attendez-vous à essuyer des revers, surtout ceux qui viennent de vous. 10. Vous n’êtes pas responsable de la terre entière. 11. La façon dont vous résistez dépend de vos possibilités. 12. Et de ce que vous aimez faire.</p>
</blockquote>
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