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Yannick François
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<title>Jeudi 23 décembre 2021 - Elsif.fr</title>
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<article>
<h1>Jeudi 23 décembre 2021</h1>
<p>Note de lecture de <a href="https://www.livredepoche.com/livre/lavenir-de-leau-9782253129936">Lavenir de leau - Petit précis de mondialisation II</a> de Érik Orsenna</p>
<blockquote>
<ul>
<li>Je suis communiste</li>
</ul>
<p>Javais oublié que Calcutta était depuis longtemps une municipalité rouge. Amitav ne décolérait pas. Le maire venait de décider une révolution. Désormais leau serait payante. Seuls les habitantes des taudis en seraient exemptés.</p>
<p>Leau, cest la vie. Comment peut-on faire payer la vie ?</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Réchauffement global ou crises régionales</p>
<p>Première erreur, généralement commise : leau nest pas le pétrole. Leau est une ressource <em>renouvelable</em>. Pour comprendre leau, il ne faut pas comprendre <em>gisement</em>, mais <em>cycle</em>. Le risque nest donc pas que s’épuisent des gisements, mais que se dérèglent des cycles. La déforestation, par exemple, dérègle u cycle et réduit les pluies.</p>
<p>Deuxième erreur, elle aussi généralement commise : le réchauffement global ne va pas diminuer la quantité deau disponible, mais l<em>accroitre</em>. Lintensification de leffet de serre va augmenter le rayonnement solaire à la surface du globe. En conséquence, l’évaporation aura tendance à samplifier. Plus dhumidité dans lair se traduit par davantage de précipitations.</p>
<p>Troisième et quatrième erreurs : croire à la régularité, croire à l’égalité. Par sens moral tout autant que par paresse intellectuelle, on voudrait penser que ce surcroît de précipitations se répartira régulièrement tout au long de lannée, équitablement sur tout la planète.</p>
<p>Des mécanismes complexes, qui impliquent le jeu des courants dair dans latmosphère, font quil nen sera rien. La violence et linjustice triompheront. Des canicules alterneront avec des déluges. Les régions déjà bien arrosées seront inondées. Les zones arides recevront moins encore.</p>
<p>Un point de vue global ne raconte rien dutile. Pour servir à quelque chose, toute analyse doit se référer à des réalités <em>locales</em>. Dun bout à lautre de la planète, les saisons, par exemple, ne se ressemblent pas.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<ul>
<li>Quand tu dois faire face à lurgence, tu oublies le long terme. En plus, beaucoup de ces paysans louent une terre pour une courte période, parfois une seule année. Alors le respect de la ressource… À propos, tu sais pourquoi le gouvernement subventionne le butane ? Une fois de plus, je donnai ma langue au chat.</li>
<li>Mais, tout en préservant la forêt, on assèche la nappe…</li>
<li>Cest la vie !</li>
</ul>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Notre atmosphère, ont calculé les scientifiques, contient 12 900 kilomètres cubes deau douce : 98 % deau à l’état de vapeur et 2 % deau condensée (nuages). Cette masse impressionnante est comparable à celle des ressources en eau, liquide et renouvelable, des terres habitées : 12 500 kilomètres cubes.</p>
<p>La conclusion simpose : si lon parvenait à extraire leau et lair qui nous entoure, plus personne sur terre ne souffrirait de la soif.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Pourquoi les Sénégalais manquent-ils de riz ?</p>
<p>Le riz a déferlé sur lAfrique noire par décision coloniale. Dans les années 1920, la République française voulait mettre de lordre dans son empire. La Grande Guerre avait saigné ses finances. Il lui fallait accroître la rentabilité de ses terres lointaines. Doù lidée de les spécialiser, dassigner à chacune un rôle précis. Cest ainsi que revint au Sénégal la tâche de produire de larachide, beaucoup darachide. Au détriment des cultures vivrières, mil ou sorgho. Les Sénégalais voulaient se nourrir ? Pas de problème : on leur livrerait des brisures de riz venues dune autre possession lointaine, lIndochine. On ne leur avait pas dit, bien sûr, que là-bas elles étaient réservées aux animaux. (…) Ces brisures bouleversèrent les habitudes alimentaires locales. On saccoutuma aux brisures. Mieux, on les aima. Ce produit lointain pouvait passer pour du luxe.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Plaignons ces malheureux. Un jour ils ont cru médicalement fondé le slogan publicitaire des compagnies qui produisent les fameuses petites bouteilles (deau minéral, en plastique) : « Buvez au minimum un litre et demi deau par jour. » Et voilà, le mal était fait.</p>
<p>Urgemment, jai consulté lun de nos meilleurs urologues, le professeur Guy Vallancien. Plus angoissé par cette affaire que par l’état de ma prostate, je lui ai demandé si je devais rejoindre au plus vite la secte des petites bouteilles.</p>
<ul>
<li>Billevesées ! Ma-t-il répondu dans un grand éclat de rire. Malignité du marketing : Aucun excès deau ne rendra les peaux plus douces, le teint plus lumineux, les cuisses plus fermes, le vendre plus plat, les infections urinaires moins fréquentes… La seule règle qui vaille est simple : il faut boire quand on a soif.</li>
</ul>
</blockquote>
<p><em>Après quelques paragraphe où il est évoqué que le compteur deau est le meilleur ami de lhomme. Quil nous rappel que leau est rare, quelle arrive bien chez nous, que nous y avons accès en ouvrant un robinet, cest un témoin impartial des pratiques du logement quil déserre.</em> &gt; Le compteur nest pas responsable de la tarification. Il se contente dafficher un volume, dont le prix sera déterminé par des autorités bien plus hautes que lui. Que ces autorités décident d’établir la gratuité ou daccabler le consommateur, le pauvre compteur ny peut rien.</p>
<blockquote>
<p>Lun des grands rêves du libéralisme pur et dur était de <em>dépolitiser</em> aussi leau, de considérer leau comme une marchandise semblable aux autres, quon peut produire et distribuer en ne se souciant que defficacité. Quelle que soit lissue du contentieux argentin (histoire entre Suez et l’état argentin en 2006), la preuve est faite que ce rêve est imbécile et ne sera jamais réalisé. Leau, de par sa double nature, essentielle à la vie et fortement symbolique, est <em>toujours</em> politique. Quelles que soient les options choisies par les gouvernants, il gardent toujours sur leau la haute main.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Le mouvement des porteurs deau, où se rejoignent ONG et particulier, soutient des dizaines de projets qui doivent respecter sa charte :</p>
<ol type="1">
<li><p>Leau nest pas une marchandise, leau est un bien commun non seulement pour lHumanité, mais aussi pour le Vivant.</p></li>
<li><p>Afin de garantir la ressource pour les générations futures, nous avons le devoir de restituer leau à la nature dans sa pureté dorigine.</p></li>
<li><p>Laccès à leau est un droit humain fondamental qui ne peut être garanti que par une gestion publique, démocratique et transparente, inscrite dans la loi.</p></li>
</ol>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Pour lui (Bernard Barraqué), leau nest pas un bien gratuite (puisque sa distribution implique toujours un coût). Ce nest pas non plus un bien public (pourquoi appartiendrait-il à l’état ?). Cest un <em>bien commun</em>. Pour gérer ce système si particulier, trois systèmes ont été employés au fil des temps :</p>
<ol type="1">
<li>le despotisme oriental : les paysans fournissent de la nourriture, l’État soccupe de linfrastructure hydraulique (Égypte, Babylone, Amérique centrale, Chine).</li>
<li>Le droit romain : les eaux courantes sont un bien commun, sauf si elles sont navigables. Auquel cas cest l’État qui sen occupe. Les eaux du sous-sol restent privées. Ce système a été appliqué par les pays latins dont, jusqu’à une date récente, la France.</li>
<li>la tradition germanique : aucune eau nest appropriable. Cest cette dernière conception qui, la ressource devenant de plus en plus rare, simpose un peu partout.</li>
</ol>
</blockquote>
<p>Et encore des ver de terre, utilisé dans un système de lombristation d’épuration. Quelles insectes formidable !</p>
<p>Un court chapitre à propos de la Bretagne, dans lequel je trouve des éléments me motivant à rester installer à la campagne, à reprendre une maison existante plutôt que de construire… &gt; Outre les côtes, les néo-Bretons choisissent les villes importantes. Lesquelles se sont bâties jadis sur les terres les plus fertiles. Si bien quon bétonne et couvre de macadam en priorité les meilleurs champs.</p>
<p>Je suis content de mengager avec Terre de liens.</p>
<blockquote>
<p>Huit convictions</p>
<ol type="1">
<li><em>Au commencement de toute humanité est leau</em>. Au commencement de toute dignité, de toute santé, de toute éducation, de tout développement. Dans lordre des priorités, rien de précède laccès à leau. (…)</li>
<li>Leau vient de la nature. <em>Préserver le milieu naturel est donc la meilleure manière de garantir la ressource</em>. (…)</li>
<li>Toute leau est liée à des <em>lieux</em>. Car leau est inégalement réparti sur notre planète. (…)</li>
<li>Étant donnée sa double importance, réelle et symbolique, leau, source de vie, relève toujours dune <em>responsabilité politique</em>. (…)</li>
<li><em>Deux préférences sont fort dommageable</em>. (…) de préférer le visible à linvisible, les solutions qui se voient à des stratégies d<em>économies et de recyclage</em> (…). De préférer leau à la merde. En dautre termes, de dédaigner lassainissement.</li>
<li><em>À lillusion de la gratuité, préférons lobligation de solidarités</em>. (…)</li>
<li><em>Changeons la logique de tarification</em>. Dans la logique actuelle, plus les opérateurs, publics ou privés, distribuent deau, plus ils gagnent de largent. (…)</li>
<li>(…) Où allons-nous développer lagriculture capable de nourrir 9 milliards d’être humains ? (…)</li>
</ol>
</blockquote>
</article>
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